À propos de nous.

Historique de l’institut imagine  

L’Institut Imagine est créé en février 2003 pour offrir sur place, en Afrique même, des possibilités de formation initiale et de perfectionnement ainsi que de « formation des formateurs » dans l’ensemble des métiers liés au cinéma, à la télévision et au multimédia.   Imagine est un lieu où se transmettent le savoir et le savoir-faire, où se communiquent la passion de l’invention des histoires et de l’art du récit, un lieu d’éclosion et de stimulation des talents. C’est donc avant tout un lieu d’apprentissage et de transmission grâce à des dispositifs d’enseignements sous la forme d’ateliers professionnels de deux à six semaines de durée (écriture de scénario, production, réalisation, prises de vues, prises de sons, montage, mixage, formation des acteurs,  et direction d’acteurs, etc.), de masters class de trois jours, six jours et dix jours, de laboratoire de tournage de films courts de trois à six minutes de durée, de sessions d’initiation de jeunes lycéens et étudiants à la fabrication des films (120 heures Chrono, de « camps mémoire » pour sensibiliser des enfants, des jeunes et des adultes à la question de la préservation et de l

a sauvegarde de la mémoire ainsi qu’à son accès et à sa circulation) et appuis techniques et coaching de projets de films au bénéfice de jeunes professionnels africains, la stimulation de la réflexion historique, culturelle, sociale, stratégique, professionnelle, artistique et esthétique à travers l’organisation de colloques, de séminaires, de symposiums et de tables rondes avec des participants provenant des champs du cinéma et de l’audiovisuel, de  l’histoire et de la philosophie, de l’anthropologie et de la sociologie, de la littérature et du théâtre, de la musique et de la danse, de la peinture, de la sculpture ainsi que de toutes les autres formes d’arts et d’expressions. Depuis sa création l’Institut IMAGINE a toujours dispensé gracieusement ses formations et plus de Deux mille quatre cent cinquante-trois (2 453) personnes en provenance de 26 pays d’Afrique et de l’Océan Indien ont pris part à cent quarante-sept (147) sessions de formation ; quant aux autres évènements organisés par l’Institut (colloques, symposiums, séminaires, tables rondes, conférences, projections de films) plus de quatre mille (4000) participants en provenance de 85 pays du Monde entier y ont pris part.

A la lumière du plan d’action 2015-2018, nous pensons devoir amorcer une réflexion profonde dans le but de mieux accorder nos offres de formations aux besoins nouveaux  qui  se sont faits jours et que nous pouvons résumer comme suit :

  • Besoin d’expertises accrues dans le cinéma d’animation,
  • Besoin d’auteurs, de réalisateurs et de producteurs,
  • Besoin d’opérateurs de prise de vues, doués d’un regard documentaires,
  • Besoin de vrai monteur de métiers ayant une maîtrise du langage du cinéma  et une perception artistique et stylistique affirmée.

Par ailleurs, l’arrivée d’une nouvelle vague de cinéastes débutants s’étant formés sur le tas ou sortant d’écoles de cinéma, rend nécessaire la remise en œuvre de sessions de formation de niveau 1 d’une durée de 21 à 28 jours dont le but est de les doter d’ un socle  solide  de savoir théorique et pratique qui servira de tremplin vers le démarrage d’une carrière professionnelle dans les filières des métiers créatifs artistique et techniques du cinéma et de la télévision. L’enjeu est  de réussir une relève  professionnelle forte en qualité et en quantité, surtout quand on considère les énormes besoins en  productions de flux ouverts par  l’implantation de la télévision numérique terrestre (TNT).  Il est fort à parier que ceux que nous formons aujourd’hui ne manqueront pas de travail demain pour peu qu’ils sachent cultiver l’amour et la passion de leur métier qui vont de pairs avec l’exigence, la discipline, et le professionnalisme.

  1. Contexte historique lointain

Pour des raisons historiques évidentes les africains comme tous les peuples qui ont été assujettis durablement à des pouvoirs exogènes de domination, d’occupation et d’administration, à des systèmes extérieurs de pensée et d’explication du monde ainsi qu’à des imaginaires étrangers ont perdu peu à peu « les codes de démarrage » des moteurs de leurs imaginaires propres.

Les africains doivent impérativement sortir de cette hibernation involontaire et entreprendre pour leur propre compte l’exploration des mondes intérieurs et extérieurs tout comme celle des mondes visibles et invisibles ; dans cette entreprise vitale, la conscience et le subconscient, le cognitif et le vécu, l’intuition et l’imagination, la mémoire et l’émotion sont tous autant sollicités.

C’est à ce seul prix qu’ils agrandiront à nouveau les horizons de tous les possibles et poursuivront collectivement l’inépuisable invention de leur humanité.  L’imagination me paraît être le seul véhicule capable de les transporter au-delà des frontières étroites du réel et de la réalité qui les emprisonnent et brident tragiquement leurs facultés de renaissance plurielle à eux-mêmes.  II y a un pressant appel à la fécondité et à la production de sens, à une plongée dans l’univers intérieur qui est bien plus immense que le cosmos tout entier.

Cet appel doit résonner au niveau de l’esprit, de la raison et de l’âme, des visions et des émotions et faire écho à notre quête de l’infini. La question ultime que les africains doivent se poser est la suivante : « Qui sommes-nous ? ».

Les fragments de réponse à cette question sont disséminés dans les récits, les histoires, les contes, les mythes et les légendes qui ont été

façonnés au cours des 35 millions d’années d’histoires du continent et de l’homme africain et que les africains d’aujourd’hui doivent  redécouvrir et se réapproprier en même temps qu’ils deviennent producteurs de nouveaux récits, fondateurs de leur devenir proche et lointain.

1Contexte actuel

Au Burkina Faso comme dans la plus part des pays d’Afrique, l’émergence des expressions cinématographiques et audiovisuelles se heurte à des obstacles objectifs liés aux questions d’organisation, de législation, de réglementation, de financement, de production, de distribution, de diffusion et de constitution d’une mémoire et d’une culture de l’image ainsi qu’ au manque d’offres de formation.

La question de la formation touche à la fois les professionnels, les publics, les médias, les critiques, les décideurs publics et les politiques. L’inexistence d’une politique cohérente de formation dans les métiers du secteur, l’absence de mécanismes de soutien à la production ainsi que la faiblesse des infrastructures ne permettent pas de satisfaire les attentes

des publics très friands des histoires de leurs terroirs que ce soit dans le cinéma documentaire, la fiction en prise de vue réelle ou le dessin animé (pour l’exploitation en salle de cinéma ou pour la diffusion télévisuelle et le web). Il est clair que seule des concertations intelligentes à l’échelle des régions et du continent africain dans son ensemble permettront d’identifier et de mettre en œuvre des stratégies efficaces de relance du secteur.

Les très pertinentes recommandations du colloque international de Bruxelles en 2009 portant sur « Culture et Création, facteurs de développement » ne disent pas autre chose en affirmant qu’il faut soutenir résolument : « …la formation professionnelle pour que celle-ci soit à même de fournir les ressources humaines capables de travailler à la structuration du secteur, à la production des œuvres et à leur mise en marché, tant au niveau local qu’international».

L’objectif global de l’enseignement cinématographique et audiovisuel devrait être de doter les jeunes professionnels des savoirs et des savoir-faire requis afin qu’ils puissent créer des œuvres originales à partir de leur enracinement local et aussi s’adapter aux besoins et nécessités de l’industrie de la production d’images.

 On doit garder à l’esprit qu’une grande part de la jeunesse africaine est totalement déracinée et déréalisée par rapport à sa propre culture par une consommation quasi exclusive de programmes audiovisuels en  ruptures avec les réels et les réalités dans lesquels elle vit, et dans l’ignorance totale de ses héritages cosmogoniques, mythologiques, imaginaires et mémoriels.

Or, une grande part des destins des peuples se joue sur leurs capacités à se représenter et à  se raconter. De fait, dans le monde d’aujourd’hui, celui qui ne se voit pas et qui n’est pas vu n’existe pas ; ainsi donc le déficit de représentation dont souffrent en particulier les peuples africains handicape très profondément leurs facultés à reprendre l’initiative sur la définition de leur être.  Les jeunes africains sont en mal d’héroïnes, de héros, et de modèles qui leur ressemble et les stimule dans leur quête d’identité et d’épanouissement. Cette jeunesse est en péril grave.

Les jeunes professionnels africains du cinéma et de l’audiovisuel doivent être outillés pour relever ce défi.

C’est à ce travail gigantesque de refondation que l’Institut IMAGINE ouvert en Février 2003 ambitionne de prendre part avec l’humilité, l’énergie, l’inventivité et la détermination qui sont  indispensable.

  1. Enjeux du cinéma et de l’audiovisuel

Le « pays  des  hommes  intègres » à l’instar d’autres petits pays très peu nantis, explore  des  voies  et  déploie  d’énormes  moyens  pour  sortir  de  cette  situation  et  offrir  à  ses populations une vie décente en s’appuyant entre autre sur la culture comme  facteur  de développement.

En  effet,  dès  les  années 1970  le  pays  s’est  engagé  dans  une  politique  nationale  volontariste pour  la  culture  qui s’est appuyée à la fois sur l’Etat et sur un tissu très actif d’associations culturelles faisant aujourd’hui du Burkina Faso un carrefour de grandes rencontres culturelles d’envergure continentale  et  mondiale,  autour  du  cinéma, du  théâtre, de la musique, de la danse, des masques, de la marionnette, de l’artisanat, du livre, du conte oral etc.

Les Africains ont un besoin vital de leur propre image. Le moment de cette rencontre avec soi par l’image ne peut être différé plus longtemps au risque de voir la jeunesse africaine perdre tous repères et basculer dans une chute vertigineuse dont on ne peut attendre que le pire.  Il faut éviter cela à tout prix, même si la tâche paraît très gigantesque, nous faisons le pari que cela est possible et c’est cette conviction même  qui constitue le moteur de notre action d’autant que la diversité culturelle doit être plus que jamais promue, soutenue et enracinée, notamment dans les têtes, les esprits, les regards, les cœurs et les âmes de la jeunesse africaine. Le soutien des partenaires techniques et financiers pour une entité de formation telle que l’institut IMAGINE et l’Association Succès Cinéma Burkina Faso est plus que vital car l’avènement de la TNT met en péril grave la jeunesse africaine qui à défaut d’être solidement arrimée à ses propres mythes, à sa mémoire et à ses propres quêtes fondamentales de devenir, se fracassera et se brisera sur les récifs d’une mondialisation qui ne voit en elle qu’un cheptel de consommateurs. Le consortium Institut IMAGINE/Succès Cinéma Burkina Faso veut être un des phares qui contribuera à éloigner les risques de ce naufrage.

Au-delà du cinéma et de l’audiovisuel classique, les nouvelles technologies offrent des opportunités de réponses massives et appropriées. C’est en cela que  les  peuples  d’Afrique  ont  un  besoin  vital  de  leurs  propres  images. Le cinéma  et l’audiovisuel doivent également contribuer à la consolidation de l’Etat de droit et au respect de la personne humaine, à  l’ancrage  politique  et  social  de la liberté et  de  la justice. Grâce aux  nouvelles technologies qui amoindrissent les coûts de production et permettent une plus grande diversification des formes d’expressions par l’image tout en offrant de plus grands espaces pour la diffusion (diffusion en salles, Télévision numérique terrestre,  web TV, plateforme de partage sur Internet, etc.), l’Afrique peut amorcer sa renaissance.

VISION DU FONDATEUR

Motivation et rêve, philosophie et ambition (en Français)

Pour des raisons historiques évidentes les africains comme tous les peuples assujettis durablement à des systèmes extérieurs de pensée et d’explication du monde ont perdu peu à peu les codes de démarrage du moteur de leurs imaginaires.

Les africains doivent entreprendre pour leur propre compte l’exploration des mondes intérieurs et extérieurs tout comme celle des mondes visibles et invisibles; dans cette entreprise vitale, la conscience et le subconscient, le cognitif et le vécu, l’intuition et l’imagination, la mémoire et l’émotion en sont tous autant sollicités.

Ce faisant, ils agrandiront les horizons intérieurs et poursuivront ensemble l’inépuisable invention de leur humanité. L’imagination me paraît être le seul véhicule capable de nous transporter au delà des frontières étroites du réel et de la réalité qui nous emprisonnent souvent. II y a un pressant appel à la fécondité et à la production de sens, à une plongée dans l’univers intérieur qui est bien plus immense que le cosmos tout entier.

Cet appel doit résonner au niveau du cerveau et de la raison, de l’esprit et de l’âme, des visions et des émotions et faire écho à notre quête de l’infini. La question ultime que les africains doivent se poser est la suivante : « Qui sommes-nous ? ».

Les fragments de réponse à cette question sont disséminés dans les récits, les histoires, les contes, les mythes et les légendes que nous nous devrons d’inventer, d’écrire ou de revisiter..

Gaston J-M KABORE